dimanche 7 février 2010

Livre blanc : le compte rendu des agences

Voici le compte rendu de la visite du directeur des rédactions et de ses adjoints dans les agences du Var et des Alpes-Maritimes, suite à la parution du « Livre blanc du SNJ ».

Ce « Livre Blanc » en version saison 2 est une vraie photographie de l'état d'esprit de la rédaction: de ses satisfactions, ses inquiétudes et ses attentes que les journalistes ont pu livrer sans détour, et dont nous tentons de nous faire l'écho le plus objectivement possible. Pourquoi, cette suite? Tout simplement parce qu'il est temps de décloisonner la rédaction, de mettre en réseau tout ce qui s'y fait, s'y décide, s'y partage. Et aussi, parce que, suite à la demande récurrente des élus SNJ, un CE extraordinaire sur la politique éditoriale de Nice-Matin sera enfin convoqué à la mi- janvier.

La parole est aux journalistes.

Agence de Draguignan

Les confrères ont sérié la réunion en deux points.

Le positif : plus de clarté et de meilleurs repères pour le lecteur. Plus d'infographies qui éclairent mieux le lecteur. Plus de rendez-vous à date pour le lecteur qui le guident mieux dans sa semaine de lecture.

Le perfectible : des choix éditoriaux qui parfois interrogent. Une double page sur un faux accident de train à La Ciotat, une demi page sur les intempéries dans le golfe dont on parle pourtant dans la France entière (…)

- Le fait du jour justifie-il systématiquement une double page ? L'impression, parfois, que l'on veut plutôt créer l'information que la commenter et l'analyser. (Ex : double page sur La Poste « alors qu'aucun bureau n'est menacé dans notre secteur »)

- Bien que renforcé, le service reportage ne semble pas avoir restreint la pression sur les agences.

- Le secteur de l'est Var a le sentiment de ne véritablement exister que lorsque les files sont vides à l'ouest.

- Une absence globale de légèreté – les traits d'humour sont censurés au Desk. - et à l'arrivée un journal anxiogène.

- Si notre ligne éditoriale est définitivement de soutenir la majorité en place, il faut que cela soit clairement dit plutôt que d'avoir à se battre dès lors que le nom d'un des 4 fantastiques du 83 ou du 06 est prononcé : quelle est aujourd'hui l'indépendance de la rédaction ?

- Les sujets considérés comme anodins sont très souvent ceux qui sont les plus lus. Les problèmes du Desk bien – malgré un léger mieux depuis que les effectifs se stabilisent – n'arrangent rien: rigidité des chefs ; méconnaissance des territoires, de la vie et du travail en agence, tout simplement. (…)

- Les confrères ont aussi évoqué les problèmes internes à l’agence, notamment le stress, les photographes, les correspondants. Ils ont aussi proposé des projets plus adaptés à leur locale.

Et de conclure, « Une agence heureuse qui veut les rester, qui est toute disposée à donner à notre titre la dimension et les ambitions qu’il mérite. »

Agence de La Seyne

Beaucoup de questions ont été abordées au cours de l'entretien.

- Le rôle des chefs d'agence, chargés du travail de relecture (corriger les fautes, appeler les correspondants pour les infos manquantes, faire la titraille, relire la légende photo...) au détriment de l'animation éditoriale.

- Très longuement évoquée la ligne éditoriale : et, notamment, les choix « imposés et inappropriés ». Olivier Biscaye et Denis Carreaux ont tenu à préciser qu'il fallait effectivement être très vigilants, même « s'il faut garder à l'esprit que les faits divers font vendre ». Réponse: tout le monde en a conscience, pour autant les informations survendues à la Une ou en page 2 et 3 ont un effet désastreux, et discrédite notre journal.

- Problème de la pagination fluctuante (particulièrement significatif en septembre et octobre) jugée « très pénalisante » pour nos éditions locales et pour la proximité. D'autant l'édition du dimanche, dans les zones rurales, nous porte un coup terrible.

Agence d’Hyères

Toujours les même sujets. Dans une discussion courtoise, les confrères ont, eu aussi, évoqué la ligne éditoriale, notamment l’indépendance de la rédaction face aux politiques et les sujets survendus qui ne trompent pas les lecteurs. La rédaction en chef a évoqué les difficultés que traversent notre titre et réaffirmé l’indépendance de la rédaction.

- Constat: s’il faut se féliciter de la «titularisation» des CDD, cela ne peut gommer les inquiétudes de la rédaction.

- Il est à noter que, si peu de confrères posèrent de questions lors de ce débat, c’est souvent la conséquences d'un sentiment d'impuissance d'une rédaction qui avoue parfois être désabusée.

Agence de Brignoles

Certains journalistes de l'agence Brignoles n'ont pas manqué de faire part de leur mécontentement face, notamment, à un contexte tendu au niveau des effectifs. Il est en effet de plus en plus difficile d'assurer correctement une charge de travail croissante en étant en moyenne deux rédacteurs par jour (chef compris) et parfois un.

- Il a été, bien entendu, évoqué la présence quotidienne, indispensable aussi, d'un photographe. Ce qui n'est plus le cas depuis quelques mois.

- Invité également à s'exprimer sur le contenu, « nous nous n'avons pas manqué d'apporter des remarques sur la ligne éditoriale et le choix contestable de certains sujets, voire leur amplification racoleuse. » On a eu l'impression d'avoir été écouté par le directeur des rédactions et son adjoint, même s'ils nous ont dressés un état des lieux préoccupant de la presse en général. Ils ont annoncé dans un proche avenir la visite dans chacune des agences, et durant une semaine, d'au moins un cadre de la rédaction aux fins, nous a-t-on dit, de mieux appréhender les besoins et problématiques des uns et des autres.

Agence de Saint-Raphaël

Les vrais problèmes (Desk, pub, fond, forme, titres gonflés et survendus, effectif, collusion avec les politiques...) n'ont pas été abordés, ou alors très superficiellement. « A chaque fois avec la tentation de minimiser ou d'éluder le problème. Nous avons juste demandé comment étaient perçues la nouvelle formule et les rubriques. Au final, nous avons eu le sentiment qu'on faisait semblait de nous écouter, juste pour déminer le terrain. ».

Agence de Saint-Tropez

Tout d'abord , il a été question des effectifs. (…) La rédaction tropézienne comptait 7 rédacteurs et un photographe à temps plein. « Elle est aujourd'hui plumée : 5 rédacteurs et un photographe de moins en moins là (par exemple en décembre, le photographe n'est à Saint-Tropez que 7 jours et remplacé que 10 jours par des correspondants). Le reste du temps, ce sont les rédacteurs qui font les photos. Donc, le plus souvent, il n'y a que 2 rédacteurs (le chef d'agence doit faire les pages, tenir la main du Desk toute la journée, et gérer l'agence) en poste au quotidien, (parfois 3). Dès lors, faire deux leaders par jour (car l'édition ouvre avec Saint-Tropez et un leader de professionnel sur Sainte-Maxime, la plus grosse ville du golfe) est un miracle quotidien.

Conséquences: « Nous ne sommes plus sur le terrain, nous sommes mauvais en faits divers car nous n'avons quasiment jamais le temps d'aller voir les pompiers et les gendarmes. Ce qui nous a valu lors des premières inondations de Sainte-Maxime un « magnifique » ratage au niveau de la photo (rien en direct) et une centrale de une AFP le lendemain. (…) » La rédaction tropézienne est épuisée, quelques uns d'entre-elle veulent d'ailleurs quitter l'agence.

Le directeur de la rédaction nous a beaucoup écoutés et pas entendus. Il a dit qu'il savait tout cela mais qu'il n'était ni magicien ni Le Père Noël, et donc qu'il n'a pas de solution. Il a annoncé pour 2010 des projets et des réorganisations, sans en dévoiler davantage. Il a remis sur le tapis la nécessité que les rédacteurs fassent les photos. Il a beaucoup insisté sur le manque de rigueur de la rédaction (...) Nous sommes évidemment déçus mais pas surpris par le discours de la rédaction en chef. Compte tenu de l'heure de sa visite (17 h au lieu de 16h), les questions sur le fond n'ont pas été abordées : les faits divers sur-dimensionnés, le poids de l'UMP qui demande et obtient facilement les têtes des journalistes non complaisants, etc. Autre inquiétude, les ventes à compte ferme érigées en mode de vente quasi normal et évident, alors que c'est avec de la bonne information qu'on vendra le mieux le journal au numéro, seul indicateur « honnête » de notre taux de pénétration.

Agence de Cagnes-sur-Mer

Discussion a été « plutôt franche ». Avant la réunion de rédaction de l'agence, l'équipe cagnoise a souhaité remettre une série d'observations:

JOURNAL DU DIMANCHE : beaucoup de retours de lecteurs insatisfaits sur le terrain et à l'accueil. « Les infos locales leur manquent ». Certains prennent des abonnements de 6 jours au lieu de 7. (…) Où est la proximité ? Les 24 h express: Quelle hiérarchisation le dimanche. Réponses du siège : « j'y suis pour rien, je gère rien, c'est pas moi qui décide ».Cagnes n'est jamais prioritaire. (…) Problème des rédacteurs qui vont sur un reportage le samedi et n'en font rien ou pas grand chose : frustration de l'interlocuteur et du journaliste.

A-M : Traitement politique trop complaisant. Image du journaliste s'en trouve écornée sur le terrain et avec les interlocuteurs institutionnels.

-Problème des pubs institutionnelles (ex : CG ou mairie de Nice) qui apportent de la confusion entre le rédactionnel et la publicité.

- Empilage des infos, pas de choix éditoriaux.

- Problème des sujets commandés qui ne passent pas, ou avec du retard. (…)

- Aucun débat avec les AM, pas d'échange sur les sujets ou les commandes de sujet. Exploitation exagérée de certaines infos. Ex: les miss sur-couvertes /4 journalistes monopolisés, 20 pages sur dix jours. On fait deux pages sur Me de Fontenay et une seule sur le débat SIDA.

- Correctionnelle du tribunal de Grasse plus assez couverte. On n'a plus de compte-rendu d'audience et peu d'infos en provenance du parquet. Pire qu'avant la cellule.

- UNE : Titre jamais situé Trop peu de titre de locale ou très peu pour l'agence de Cagnes

- Titres exagérés, pas crédibles par rapport à la réalité du papier (surtout pour les faits-divers). Impression d'un journal trash dans lequel les journalistes et pas mal de lecteurs ne se reconnaissent pas. Image du journal en souffre.

- PHOTOGRAPHES: L'agence de Cagnes est une vraie agence avec un secteur géographique étendu. Un photographe professionnel par jour (toute la journée !) est un minimum pour une couverture correcte des sujets. Manque de remplaçants du photographe titulaire. (...)

SR : A maintes reprises, souhait de l'équipe de voir le SR revenir en agence pour faciliter le travail.

LOCALES : On souhaite davantage de discussion entre la direction et l'agence sur le traitement des sujets (ex. Téléthon). Sentiment de décisions unilatérales sans concertation possible. (...)

SPORTS : le sport locale est une priorité de la rédaction en chef. Il est assuré avec professionnalisme à l'agence de Cagnes... par un correspondant. Il est grand temps de titulariser le poste pour encore développer ce créneau porteur. (...)

CORRESPONDANTS : Tous les signaux adressés aux correspondants sont faits pour les décourager et les éloigner du journal. A nous, sans cesse, de les remotiver, alors que leur rôle est plus jamais indispensable à notre fonctionnement. (...)

CADRE DE TRAVAIL : : ll y a un an lors de la tournée de la rédaction en chef, on nous disait : un coup de peinture ? Oui, dès lundi... Depuis, rien. Sans parler des cafards et moustiques qui infestent le lieu.

Agence d'Antibes

Réunion ... agitée. Au-delà d'un éclat verbal sur l'édition du dimanche, la plupart des problèmes qui font débat ont été abordés : manque de titres locaux à la Une, faits du jour décevants, traitement hallucinant du député-président du conseil général et du ministre-maire de Nice dans le journal, malaise d'une rédaction au « taquet ». Et aussi l'impression que le directeur des rédactions n'écoute que lui-même. Lors de cette réunion le directeur des rédactions a écouté... Les confrères espèrent qu'il ont été entendus.

Agence de Grasse

Les confrères ont évoqué les problèmes rencontrés à l'agence, sur le contenu du journal et sur les projets pour 2010.

Concernant le premier point, hormis les problèmes d'effectif qui sont les plus importants et que le directeur de la rédaction a promis de prendre en compte (C'est chose faite en partie avec la titularisation de Fabien P), la discussion a roulé sur les problèmes techniques et informatiques.

- Le relationnel avec le DESK a aussi été évoqué. Et le souhait unanime est celui d'une retour des SR de proximité dans les agences même si « le directeur des rédactions ne semble pas convaincu de l'intérêt d'une telle mesure. »

- Sur le contenu du journal, l'avis de la rédaction est qu'il est plutôt mieux qu'avant (plus clair, mieux présenté, le contenu restant de qualité) mais se pose le problème du dimanche avec l'absence des locales.

- Sur les projets, rien de particulier à signaler : « nous avons précisé que pour les atteindre, par exemple développer l'actu villages, il faut davantage de monde. Là encore, le directeur de la rédac nous a spécifié qu'il était parfaitement au fait de la situation et que nous étions pour lui une sorte de priorité en terme d'effectif. Sur la prise de photos par les rédacteurs, le directeur de la rédac tient à ce que tout le monde s'y mette. Des confrères lui ont dit qu'il s'agissait d'un métier à part entière et que, de plus, cela constituait une charge nouvelle, lourde à supporter pour ceux notamment qui assument déjà l'encadrement et la rédaction. »

- « Le sentiment général est plutôt positif après cette visite, même si l'on sait pertinemment que tout ne sera pas réglé en un jour. »

Agence de Nice

Les sujets abordés lors de cette réunion ont été une meilleure couverture de la locale, (couverture géographique, quartiers, vie des commerces, des entreprises (micro-économie), petites manifs, multiplier les rubriques échos. Une interactivité via le courrier des lecteurs. (…). Mais aussi l'actualité : la page A est souvent une fausse ouverture, le dossier est abordé en B-C, il faut veiller à ce que le sujet soit de l'actu à J+1, ou à un sujet d'anticipation. Pourquoi pas un bon FD niçois ? Il faut plus de réactivité dans l'actu pour faire face à la concurrence des gratuits. En sports, ce n'est pas la matière qui manque pour en faire 2. Le pro n'est pas remplacé pendant les congés. Justice. La correctionnelle n'est pas toujours couverte faute d'effectifs.

Les objectifs évoqués ci-dessus ne peuvent pas être atteints, si l'on ne se donne pas les moyens en effectifs et en organisation.

Les quartiers doivent être renforcés pour la micro-locale, faire appel à 6 correspondants répartis sur la ville (…). Les journalistes de locale veulent être d'avantage dans les quartiers, mais ils doivent avoir le temps, or les effectifs sont encore beaucoup mobilisés sur l'actu départementale. Actu : toutes les forces de la locale doivent être concentrées en priorité sur l'actu niçoise. (…).

L'organisation a aussi été abordée. Il faut un chef à la locale de Nice. Un capitaine assisté de deux adjoints. Il faut faire des choix dans l'actu pour faire face à la baisse des effectifs. Les tableaux de services sont surchargés et les localiers ont le sentiment de se disperser et de travailler dans l'urgence.

La cellule faits-divers. Elle fonctionnait à plein régime à 4. Elle devait passer à 5. Comment peut-elle remplir sa mission à 3 ? C'est la locale qui est de garde les week-end et la nuit.

La cellule reportage (7 journalistes à sa création). Elle était prévue à des journalistes expérimentés de se concentrer sur les dossiers départementaux et dégager les localiers (...) Or, les localiers continuent à intervenir dans les pages Côte d'Azur. Donc pas sur les quartiers que personne ne couvre.

Institutionnel et sensationnel. Nos rapports avec les politiques ne nous permettent pas d'aborder en toute sérénité les sujets qui fâchent. Des sujets qui sont attendus par nos lecteurs. Quelle crédibilité pour Nice-Matin ? Attention aux titres racoleurs qui ne correspondent pas aux contenus des articles. Il faut être « honnête » avec nos lecteurs. Les confrères, très préoccupés par les chiffres des ventes, estiment, plus que jamais nécessaire, de tenir le cap de la proximité, même le week-end. Retrouver la locale le dimanche, car le samedi est très riche en infos.

Pour le « capitaine d'agence », le directeur de la rédaction a répondu que le directeur départemental restera à la tête de la locale jusqu'à la mise en place de la nouvelle édition de Nice.

Pour la « collusion » avec les politiques et leur présence dans nos colonnes, (maire de Nice, président du CG), indépendance, papiers censurés le directeur de la rédac a reconnu « que sans la manne financière, ce n'aurait pas été 46 départs à la rédaction (...). »

Lumix abusif. Le directeur de la rédaction nous a reproché de ne pas être assez visible sur le terrain, affirmant que les institutionnels lui faisait régulièrement remonter que nous ne couvrions pas certains événements. Et que nous pouvions trouver une « perle » en allant à l'inauguration d'une agence bancaire.

Nouvelle locale. Avec plus de pages. OK, mais avec quels moyens ? Nous avons déjà du mal à assurer. Réponse « Selon la qualité de votre projet je vous appuierai au niveau des moyens [sans plus de précisions]. Puis de préciser : « qu'en 2010 et 2011 il n'y aurait aucun rentrant. » L'avenir des photographes pros a été abordé, mais le directeur de la rédaction n'y a pas répondu, préférant évoquer la longueur de certains papiers [sans les nommer] qui rognent sur les photos.

Pour conclure, les confrères ont ensuite déjeuné ensemble et ont évoqué la réunion. « Personne ne sautait au plafond. Sans illusion.».

Agence de Monaco

La réunion a duré deux heures et a laissé « une impression plutôt bonne ». Même si, le rappel s'est fait annonçant que 2010 sera l'année de « rigueur ». A la demande d'un poste supplémentaire pour augmenter le rayonnement de l'agence, le directeur de la rédaction a précisé que ce n'était pas à l'ordre du jour. Comme plus généralement les embauches dans les années à venir.

Même réponse sur les besoins de pagination supplémentaire récurrents sur l'édition monégasque. Le directeur de la rédac préfère un choix « de papiers plus courts, mieux articulés, avec une pré-assignation » pour calibrer les pages.

Concernant les spécificités monégasques, la direction a fait preuve, pour une fois, d'une attentive écoute. Prenant « pleinement en compte » les caractéristiques d'une ville-état, où les habitants sont particulièrement attachés aux valeurs, dont Monaco-Matin fait partie. D'où l'attribution de deux pages monégasques dans l'édition commune du dimanche. Et une réflexion quant au positionnement des pages locales de Monaco dans l'édition et de son interaction avec les pages de Menton et du littoral niçois. Un bon point apprécié par les rédacteurs de l'agence (NDLR: mais qui laisse pantois: les monégasques seraient donc les seuls à être vraiment attachés aux informations locales pour avoir le droit d'en retrouver enfin dans leur journal du dimanche!).

Agence de Menton

Les confrères ont évoqué l'édition du dimanche: « bon nombre de lecteurs mentonnais réclament le retour de quelques pages de locales. »

- Problèmes avec le Desk. Menton est a seule agence à ne pas avoir de SR attitré. Pour faire les pages, ils ont parfois jusqu'à 4 SR différents le même jour. Ce qui n'est pas très pratique (NDLR: doux euphémisme ».

- Ils ont aussi longuement discuté du site Internet en demandant à ce qu'il y ait une modération beaucoup plus importante ainsi qu'une meilleure visibilité des secteurs (ex. : trouver plus facilement Menton ou Antibes sur la page de garde). - Nous avons enfin évoqué les problèmes de rupture de bassin de vie dans notre éditionnement avec des pages de Monaco qui ne se trouvent pas dans Menton et vice versa. L'exemple de l'édition de l'été a été ressorti avec l'aberration de trouver Cagnes, Nice... et pas Monaco dans notre édition. -L'harmonisation des indices a aussi été évoquée.

Agence de Cannes

Plus de quatre heures d'échanges, fermes mais courtois. Nombreux exemples à l'appui, la rédaction a fait part de ses réserves sur le fonctionnement du Desk, le traitement des faits-divers et des sports, les relations avec les annonceurs institutionnels, la couverture photographique.

En réponse, le directeur de la rédaction a martelé que « 2010 sera l'année de la rigueur éditoriale » et de la renégociation, au 31 mars au plus tard, de l'accord photo sur la base de tables rondes réunissant toutes les composantes de la rédaction.

Le directeur a aussi annoncé le lancement d'une édition spéciale hebdomadaire « Nice-Matin campus » à destination des sites universitaires, un accroissement de la pagination pour la locale de Nice à compter de mars « pour reconquérir les quartiers et les sports de locale »/, un relookage des pages dominicales « AM express » relayé par une campagne de promotion, l'organisation d'une réunion interne au service des Sports et la nomination d'un « unier » en janvier.

De son côté Denis Carreaux a plaidé pour une remise à plat de la « stratégie d'alimentation du site Internet par les agences » qu'il juge cacophonique.

S'agissant des collectivités locales qui génèrent 20 % de notre chiffre d'affaires publicitaire, le directeur de la rédaction nie toute contrepartie rédactionnelle. Toutefois « l'objectif est clairement de réduire la masse des institutionnels », prétend le directeur de la rédaction qui exige désormais que « toute jaquette politique (lui) soit soumise » avant parution afin d'éviter toute confusion. Il promet enfin de « poursuivre l'ouverture politique à l'occasion des élections régionales » en instaurant notamment des rencontres entre candidats et lecteurs arbitrées par des journalistes.

vendredi 29 mai 2009

Chemin de fer estival : le fait du jour... Et le grand n'importe quoi !

Et si le « débarquement » du directeur départemental n'était pas le seul fait de pression politique mais également symptomatique de désaccords, notamment sur le chemin de fer estival ?

Le dit chemin de fer en effet, présenté dans les grandes lignes au cours de la réunion des photographes jeudi soir à Toulon, annonce le transfert des pages Infos génés en début de cahier, en lieu et place des pages départementales (les pages 2 et 3 étant consacré au « fait du jour » ! Les locales regroupées en deux cahiers (est et ouest) seraient elles réduites en pagination (par édition) et renvoyées... En fin de journal.

Voilà le scénario apocalyptique allant à l'encontre de tous les discours tenus par nos directions successives (« le cœur de notre métier, c'est la proximité » etc. ), à l'encontre aussi des conclusions des tables rondes organisées dans les Alpes maritimes et le Var. Tables rondes qui, si l'on en croit cette première « décision » de la direction de la rédaction, n'auront vraisemblablement pas servies davantage que les précédentes... Enfin ça, finalement, ce n'est pas une surprise !

Reste que ce chemin de fer estival propre, peut-être à séduire le quidam en vacances, va sans nul doute déstabiliser considérablement nos plus fidèles lecteurs, nos abonnés... Et suscite d'ores et déjà de nombreuses questions : pourquoi bouleverser de la sorte le chemin de fer le temps d'un été sinon pour envisager, à très court terme, la fin du découpage de nos éditions ?

Le SNJ dénonce avec véhémence les concertations « bidons » et les mensonges permanents de la direction, qui impose ses choix au mépris de la rédaction, qui est elle, à l'écoute des lecteurs, sur le terrain. Mais nos lecteurs, la direction de la rédaction et la direction des groupes Nice-matin et GHM s'en soucient-elles encore ?

mercredi 1 avril 2009

La rédaction à Roquebrune-sur-Argens jeudi 30 avril

Afin de renouer avec la tradition, le SNJ Côte d'Azur-Var organise une journée détente le jeudi 30 avril à Roquebrune-sur-Argens (83), dans un cadre champêtre. Tous les journalistes, ainsi que leurs conjoint(e)s, sans oublier les enfants et les retraités, sont invités à y participer. Avant de prendre l'apéritif, une large information sera faite sur la situation à Nice-Matin et Var-Matin, ainsi que sur l’évolution de la profession.
Pour 28 euros, le menu est composé d’un apéritif, d’une entrée, d’un plat principal (pavé de bœuf), dessert et café.
Le SNJ prend en charge 8 euros pour les salaires les plus bas.

Inscriptions jusqu’au 20 avril

Contacts dans le Var : Véronique Georges (St-Tropez 9612), Karine Michel (La Seyne 3505), Michel Rinéro (Desk Toulon 3176)

Contacts dans les A.-M. :
Jean-François Roubaud (Nice 2457), Christophe Pardina (Desk. 2547), Paul Brahim (Desk 2617) ou alors sur la messagerie professionnelle aux adresses des contacts ci-dessus.

samedi 21 février 2009

Le SNJ fait carton plein

Rapide info sur les élections professionnelles. Le SNJ fait carton plein au Comité d'entreprise: 3 postes (Jf Roubaud, Karine Michel et Olivier Poisson) sur 3 de titulaires et deux postes de suppléants (Thierry Virorello et Paul Massabo). Pour les délégués du personnel, le SNJ fait élire deux titulaires et deux suppléants (Véronique Georges et François Vignola, Christophe Pardina et Jean-Pascal Dunant) sur les huit postes à pouvoir et rate de seulement trois voix le troisième poste de titulaire DP qui aurait pu revenir ainsi à Philippe Bertini. De nombreux bug dans l'organisation des élections - matériel de vote envoyé trop tard voire incomplet - nous prive d'une vingtaine de voix.

Pour autant, ce resultat est sa précédent dans l'entreprise pour le SNJ.Et cette représentation doit être un levier permettant de mieux défendre les droits de la rédaction, et de peser plus encore. Le premier test sera la négociation ouverte et sans doute difficile sur le rattrapage des salaires tronqués des anciens CDD et des nouveaux CDI.

Par ailleurs, Eric Debry, le nouveau pdg, a convoqué un CE extraordinaire jeudi 26 février. L'unique point à l'ordre du jour est : réorganisation de la rédaction. En décodé, le nouveau casting directorial devrait nous y être présenté. A suivre. Dés lundi nous devrions en savoir plus.

jeudi 12 février 2009

SNJ seul garant des intérêts de la rédaction

Élections professionnelles : Le SNJ seul vrai garant des intérêts de la rédaction

Les représentants SNJ sont, et resteront les seuls vrais garants des intérêts de la rédaction. La titularisation de 25 cdd d'ici à la fin 2009 ne doit rien aux autres organisations syndicales, mais tout en revanche à la pugnacité des élus SNJ.
Après avoir refusé fin décembre de signer la modération salariale qui nous condamne pendant 3 ans à ne plus bénéficier d'augmentations annuelles -avec la maigre compensation d’une prise en charge plus importante de la mutuelle mais aucun rattrapage au terme de l’accord-, c'est avant tout la force de négociation et le réalisme des représentants du SNJ qui a permis de rouvrir les discussions, jusque-là compromises sur ce dossier sensible. Le SNJ a pourtant refusé de céder au « chantage » sur les titularisations des CDD. Titularisation des CDD contre modération salariale: voilà le marché que la direction nous proposait. Et il n'était pas acceptable dés lors que la rédaction avait déjà subi une douloureuse réorganisation suite au départ de 70 journalistes en clause de cession et au non-remplacement de 46 d'entre eux. La titularisation des CDD ne pouvait être une monnaie d’échange. Elle ne le fut pas.

Aujourd'hui, face aux attaques, et autres leçons de morale, le SNJ préfère s'attacher à défendre les intérêts des journalistes : revalorisation de l'indemnité kilométrique (sur laquelle aucune autre organisation syndicale n'a jamais obtenue d'avancée) ; la rémunération des CDD à la grille Nice-Matin, le rattrapage du salaire maison dont les CDD et les nouveaux CDI sont privés. Mais aussi défense des droits d'auteur, la vigilance sur le respect de la qualification professionnelle que l’adaptation aux nouvelles technologies de l’information – cross média – ne doit définitivement pas mettre à mal. Les élus SNJ ont d’ailleurs exigé en CE – mardi 10 février – la convocation d’une commission paritaire sur ce sujet brûlant.
Plus que jamais, alors que la rédaction se remet en ordre de marche et, face aux rumeurs qui entourent d'éventuels changements à sa tête, le SNJ reste vigilant sur l'avenir de la rédaction et de son indépendance éditoriale.

vendredi 6 février 2009

Le 19 Février, mobilisons nous, votons SNJ !

Élections des délégués du personnel et du comité d'entreprise

Dans une période ô combien trouble où le vire-vire à la tête de Nice-Matin ne peut qu'inquiéter une rédaction qui a fait ces dernières années énormément d'efforts et de sacrifices, les élections des délégués du personnel et des élus pour le comité d'entreprise sont plus que jamais primordiales pour la défense de nos droits. Cette année enfin, après un rude combat mené par le SNJ, un collège journalistes a pu être créé pour le CE. Et il serait bien dommage de ne pas en profiter pour faire entendre encore plus notre voix. Et qui mieux que le SNJ pour défendre les journalistes ?
  • Le SNJ est le seul syndicat qui n'a pas signé la modération salariale.
  • Le SNJ a fortement contribué à l'embauche des CDD et obtenu l'assurance de 10 nouvelles embauches pour l'année prochaine, certifiées par un accord d'entreprise.
  • Le SNJ s'est battu et se battra au nom des bas salaires de ce journal et exige une adéquation du salaire avec la fonction exercée ainsi que le rattrapage du salaire maison - + 30 % - dont les cdd et ex-cdd titularisés ont été privés
  • Le SNJ entend bien faire pression sur la direction pour que l'on en finisse enfin avec les « correspondants professionnels » qui travaillent 7j/7, sont sous-payés et remplacent parfois un titulaire.
  • Le SNJ dénonce la suppression larvé du service des Informations Générales.
  • Le SNJ exige que la prime kilométrique des journalistes soit enfin revalorisée après des années sans augmentation...et un coût des carburants qui a explosé (le litre de super était à 0,66 cts en 1997 lors de la dernière négociation).
  • Le SNJ est et sera toujours un défenseur de l'indépendance rédactionnelle. Il sera d'ailleurs particulièrement vigilant face aux choix rédactionnels pris et à l'organisation que voudra mettre en place la nouvelle équipe.
Ceux d'entre vous qui ne pourront se déplacer physiquement le 19 février pour voter, peuvent le faire d'ores et déjà par correspondance.

Vos candidats SNJ :

Candidats titulaires au CE :
Jean-Francois Roubaud
Karine Michel
Olivier Poisson

Candidats suppléants au CE :
Lucie Mignuci
Paul Massabo
Pascale Primi

Candidats titulaires délégués du personnel :
Véronique Georges
François Vignola
Philippe Bertini
Frédéric Maurice

Candidats suppléants délégués du personnel :
Christophe Pardina
Jean-Pascal Dunant
Michel Rinero
Guillaume Rathelot

mardi 3 février 2009

Un nouveau PDG qui ne veut pas de « rupture »

Compte tenu d'un emploi du temps fatalement très chargé, Eric Debry, nouveau pdg du groupe Nice-Matin nommé vendredi en Conseil d'Administration, n'a fait qu'une brève apparition aujourd'hui lundi en séance du comité d'entreprise.

Après avoir présenté son curriculum vitae – ancien patron pour l'Europe de l'ouest du groupe TUI, puis DG du groupe Pierre et Vacances -, Eric Debry, 49 ans, a précisé les grands axes de ce qui sera sa politique d'entreprise: développer le chiffre d'affaires ( régie, pub, internet, etc) et poursuivre les grands chantiers amorcés dans l'entreprise depuis un an tant à la rédaction, que dans les services techniques et administratifs. Et le faire sans « qu'il ait de rupture dans l'organisation actuelle de Nice-Matin. »

Pas de rupture donc! Alors que, depuis plus d'un mois, l'entreprise est déstabilisée par les grands bouleversements directoriaux, cet engagement va dans le sens des attentes des salariés, et en particulier des journalistes.
Tout juste remise en ordre de marche, après avoir accusé 70 départs en clause de cession, la rédaction interprète en effet très mal les rumeurs d'un changement à sa tête, changement d'autant plus « illisible » qu'aucune crise, même mineure, ne saurait justifier.

Tract du SNJ Côte d'Azur, Var, Corse en date du 2 février.